Le téléphone sonne une fois, puis s’arrête. À l’écran, un numéro inconnu commençant souvent par un indicatif international inhabituel. La tentation est de rappeler pour savoir qui cherchait à vous joindre. C’est précisément ce que vise ce type d’appel, désigné sous le nom de ping call ou spam vocal.
Ce qu’est un ping call
Le ping call est un appel volontairement écourté : le numéro ne sonne qu’une fraction de seconde, ou se coupe dès que vous décrochez, sans laisser à l’appelant le temps d’engager la conversation. Le procédé ne cherche pas à vous parler mais à provoquer un rappel de votre part.
Le numéro affiché correspond généralement à un numéro surtaxé, en France ou à l’étranger. Lorsque vous rappelez, vous êtes mis en relation avec un service à facturation majorée : une messagerie qui vous fait patienter, un standard qui vous transfère de poste en poste, ou une annonce interminable. Chaque minute passée en ligne est facturée à un tarif élevé, dont une part revient à l’auteur de la manœuvre.
Les indicatifs internationaux à surveiller
Un appel entrant d’un pays avec lequel vous n’avez aucun lien doit éveiller la méfiance. Le préfixe 00 est le préfixe international de sortie ; sur les mobiles, le signe + en est l’équivalent. L’un comme l’autre précèdent l’indicatif du pays appelé, quel que soit le pays d’où l’on compose. La France correspond à +33 (ou 0033).
Un numéro débutant par un autre indicatif international, surtout d’une zone que vous ne reconnaissez pas, peut renvoyer vers un service surtaxé à l’international. Rappeler un tel numéro revient à passer un appel longue distance vers un service payant, sans garantie sur ce qui se trouve au bout de la ligne.
Ne pas rappeler, c’est l’essentiel
La règle est simple : ne rappelez pas un numéro inconnu qui n’a sonné qu’un instant, ni un appel interrompu, tant que rien ne confirme son origine. Un correspondant légitime qui cherche réellement à vous joindre laisse un message sur votre répondeur ou renouvelle son appel. Une sonnerie unique, sans message et sans nouvelle tentative, n’a rien d’un contact ordinaire.
Le même raisonnement vaut pour les SMS qui vous invitent à rappeler un numéro ou à consulter une messagerie vocale sur un numéro surtaxé : la sollicitation est conçue pour déclencher un appel payant de votre part.
Vérifier un numéro avant d’agir
Avant de rappeler quoi que ce soit, un numéro surtaxé français peut être identifié dans l’annuaire inversé des numéros SVA (services à valeur ajoutée). Cet annuaire recense les numéros surtaxés déclarés par les entreprises et les administrations qui les exploitent, avec le tarif applicable et l’activité rattachée. Il permet de savoir à qui appartient un numéro et à quel prix un appel serait facturé.
Le tarif d’un numéro surtaxé se décompose toujours en deux parties : le prix du service, fixé par l’éditeur, et le prix de la communication, fixé par votre opérateur. Ce tarif doit être affiché clairement. Une signalétique par couleur aide à s’y retrouver : les numéros verts correspondent à un service gratuit, les gris à un tarif banalisé, les violets à un tarif majoré. Un numéro violet signale d’emblée une surtaxe.
Signaler un appel ou un SMS frauduleux
Les appels et SMS indésirables ou frauduleux se signalent au 33700. Ce dispositif recueille les signalements de spam vocal et de smishing (SMS frauduleux) afin d’identifier les numéros concernés et d’en obtenir la fermeture. Le signalement est utile même si vous n’avez pas rappelé : il alimente le repérage des campagnes en cours.
En complément, la plupart des opérateurs proposent une option de restriction des appels et SMS vers les numéros surtaxés, qui bloque les rappels payants depuis votre ligne. Les applications de filtrage des appels indésirables offrent une protection supplémentaire, sans se substituer aux réflexes de base : identifier l’appel, ne pas rappeler, signaler.
Pour aller plus loin sur les procédés employés au téléphone, voir comment les escrocs se servent du téléphone.


