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Numéros surtaxés : comment les reconnaître ?

numéros surtaxés - image

Un numéro surtaxé facture une partie de son coût au bénéfice de l’éditeur du service appelé, en plus du prix de la communication. Ces numéros relèvent des services à valeur ajoutée (SVA), regroupés derrière le préfixe 08. Les repérer avant de composer ou de rappeler évite les mauvaises surprises sur la facture et permet de déjouer certaines arnaques qui reposent précisément sur ces tarifs.

Le préfixe : le chiffre qui suit le 0

En France, la nature d’un numéro se lit sur ses deux premiers chiffres, en particulier le chiffre qui suit le 0 initial :

  • 01 à 05 : lignes fixes géographiques (Île-de-France, Nord-Ouest, Nord-Est, Sud-Est, Sud-Ouest).
  • 06 et 07 : lignes mobiles.
  • 09 : numéros non géographiques associés à la téléphonie sur IP (les box). Ils ne sont pas surtaxés et sont facturés au prix d’un appel normal.
  • 08 : numéros spéciaux, ou services à valeur ajoutée. C’est dans cette famille que se trouvent les numéros surtaxés.

Un numéro qui commence par 08 n’est pas surtaxé par défaut : tout dépend de la tranche exacte. Les préfixes 0800 à 0805 correspondent à des services gratuits, tandis que les tranches 081x, 082x et 089x correspondent à des tarifs majorés. Entre les deux, les numéros en 0806 à 0809 relèvent d’un tarif dit banalisé, équivalent à un appel classique.

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La signalétique couleur, instaurée en 2015

Depuis le 1er octobre 2015, la tarification des numéros SVA repose sur un principe clair : le prix total se décompose en deux parties distinctes, qui doivent être affichées à côté du numéro.

  • Le tarif du service, fixé par l’éditeur qui exploite le numéro.
  • Le tarif de la communication, fixé par votre opérateur, comme pour n’importe quel appel.

Pour rendre cette information lisible d’un coup d’œil, un code couleur accompagne chaque numéro :

  • Vert : service gratuit. Seul le prix de la communication s’applique, et il est le plus souvent nul depuis une ligne fixe.
  • Gris : tarif banalisé. Le service est gratuit et l’appel est facturé au prix d’une communication normale.
  • Violet (magenta) : tarif majoré. Un surcoût lié au service s’ajoute à la communication. C’est la catégorie à surveiller.

Un numéro affiché sans mention de prix, ou dont la couleur indiquée est le violet, appelle donc à la prudence. La réglementation impose que le coût du service soit annoncé avant l’appel : l’absence de cette information constitue en soi un signal d’alerte.

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Les numéros courts et les renseignements

Certains numéros courts sont également payants. Les numéros à quatre chiffres commençant par 3 (les codes en 3xxx) et les services de renseignements téléphoniques en 118 appliquent leur propre tarification, parfois élevée et pas toujours perçue comme telle. Là encore, le tarif doit être annoncé avant la mise en relation. Mieux vaut donc connaître le coût d’un service de renseignements avant de rester en ligne.

Vérifier un numéro en cas de doute

Face à un numéro inconnu, quelques réflexes limitent le risque. Un appel très bref, où l’interlocuteur raccroche dès que vous décrochez, cherche souvent à vous faire rappeler un numéro surtaxé : c’est le principe du « ping call ». De même, un SMS demandant de rappeler pour récupérer un colis ou un cadeau relève fréquemment de ce mécanisme. Dans le doute, ne rappelez pas et vérifiez d’abord la nature du numéro.

Notre annuaire inversé permet d’identifier l’origine d’un numéro fixe publié à l’annuaire. Les numéros mobiles, en revanche, n’y figurent pas : pour un 06 ou un 07 suspect, on se reporte plutôt aux signalements laissés par d’autres appelés sur les sites communautaires. Pour les numéros SVA en 08, la tranche du préfixe suffit déjà à situer le niveau de tarif.

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Signaler et se protéger des abus

Lorsqu’un numéro relève clairement de l’arnaque ou du démarchage abusif, plusieurs dispositifs existent :

  • 33700 : signalement des SMS et appels frauduleux ou indésirables (spam vocal, smishing). On y transmet le numéro suspect par SMS.
  • SignalConso : plateforme de la répression des fraudes (DGCCRF) pour signaler une pratique commerciale abusive, y compris autour d’un numéro surtaxé.

En parallèle, le blocage du numéro dans le répertoire du téléphone stoppe les rappels indésirables. Contre le démarchage téléphonique, l’inscription à la liste d’opposition Bloctel reste le recours de référence. En cas de harcèlement caractérisé, le signalement s’accompagne d’un dépôt de plainte.

Aucun organisme sérieux, qu’il s’agisse d’une banque, d’une administration ou d’un opérateur, ne demande de rappeler un numéro surtaxé pour régler un problème de compte ou récupérer un dû. Le réflexe à garder : ne jamais rappeler un numéro inconnu dont on ignore le tarif.